Ca y est, c'est le printemps au Japon ! Vous allez me rétorquer que le décalage horaire ne devrait nous avancer que de huit heures, mais j'étais aujourd'hui au temple pour fêter
Setsubun avec tout le reste d'Osaka. Setsubun désigne l'arrivée du printemps, et les Japonais le fête en famille ou au temple pour se débarraser des démons de l'hiver.
Pour ne pas faire les choses à moitié, plutôt que de me rendre dans un temple voisin de chez moi (d'aucuns diront plutôt que votre serviteur n'a pas été capable de savoir si Setsubun se fêtait plus proche de chez lui), j'ai traversé toute la ville, 90 minutes au moins, pour me rendre au temple d'
Abiko Kannon, où la déité que l'on y vénère est spécialiste de la chasse au démons. Evidemment, avec une telle carte de visite, il fallait s'attendre à ce que je ne sois pas le seul solliciteur, mais avouons-le, j'étais surtout venu pour voir les autres .
Dieu merci, la police était à tous les carrefours, et même - sacrilège - sur les cailloux ratissés du jardin à l'entrée. Avec une telle concentration de foule, elle se trouvait bien accaparée à organiser, porte-voix au poignet, le mouvement des masses. Pour une fois, je n'ai pas eu besoin de plan pour trouver le temple, un flot continu s'y déverse et il suffit de s'y jeter pour y arriver. L'intérieur de l'enceinte était bondée. Essentiellement, les gens viennent y prier de la même manière que les jours ordinaires, mais il y a le piment de la bousculade en plus. Des grandes urnes permettent aux fidèles de jeter leurs offrandes, certains jettent des batons d'encens dans un grand feu au mileu de la cour et s'enveloppent de la fumée qui s'en dégage, des cartons de prières calligraphiées sont en vente. Je m'excuse que la nécessité de mettre en ligne des photos légères vous fasse perdre les détails des images.
Le batiment principal attire bien entendu tous les pélerins, qui passent devant pour y jeter une pièce de monnaie.

Des prêtres organisaient des prières et recevaient les offrandes de certains fidèles.
Dans les rues alentour s'étend une vaste kermesse. `
Les stands de restauration et de vente d'objets de culte alternent avec ceux où les enfants peuvent s'amuser ou acheter des objets de pacotille. Parmi les stands spectaculaires, l'un permettait aux courageux de recevoir l'influence bénéfique d'un dieu-serpent (voir photo ci dessus), un autre était spécialisé dans les articles d'épouvante, dans un troisième on pouvait trouver tous les posters des idoles de la jeunesse japonaise. Autres attactions pour les enfants : une "vraie" pêche aux poissons, avec de "vrais" petits poissons rouges (voir ci-dessous), des petits chats à gagner au jeu du tir au fusil, ses sucettes en forme de également chats (ce coup-ci je les ai tous pris en photos, suivez mon regard) et une fontaine au chocolat pour les gourmands.
Au chapitre gastronomie, Osaka ne passe pas pour offrir la meilleure cuisine du Japon pour rien. Voyez plutôt les ingénieuses trouvailles de foires, de la classique banane au chocolat revisitée en rigolo bonhomme, aux oeufs au plat en forme de coeurs servis sur une galette et qui dégoulinent inévitablement sur les uniformes propres des collégiennes venues se divertir, en passant par les inévitables fruits de mer et brochette de poulpe.

Les cuisiniers de ces merveilles sont les héros de ce petit monde et suscitent mon admiration, car vous savez ma passion pour les bonnes choses.

A particulier, ci-dessus, les petites boulettes sont des takoyakis, des sortes de beignets farcis au poulpe, spécialité d'Osaka. Je vous en reparlerai, promis.
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