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Texte Libre

    Bienvenue sur ce blog, qui raconte à la fois ma vie de doctorant à l'université d'Osaka, mes surprises et découvertes, et mes visites à travers le pays.
    Vous êtes de plus en plus nombreux à visiter ce blog. Actuellement vous êtes  5   visiteur(s) en ligne. Si vous souhaitez prendre mes aventures dans l'ordre depuis le début, cela commence .
    Mon aventure s'est terminée en juin 2007 mais elles reprennent à Amsterdam  sur ce nouveau blog. N'hésitez pas à laisser vos commentaires. Ils me font toujours très plaisir.

Ma p'tite vie

Lundi 8 janvier 2007
    Les valises sont faites ! Pour la première fois de ma vie, j'ai pesé mes chaussettes, mes pulls et mes serviettes, pour satisfaire au seuil des 20 kg fatidiques. Finalement, la belle valise prévue pour l'ocasion ne verra pas le Japon en ma compagnie. Elle est bien trop grosse. Elle est si dodue, qu'elle ne pourra même pas m'attendre perchée sur l'armoire de ma chambre.

    Pour ceux qui se demandent encore pourquoi je pars si loin, et qui n'osent plus poser la question, voici l'argument de ce voyage. Ne protestez pas si je vous emmène sur le terrain des mathématiques ; de vilaines langues avaient prédit que je vous parlerais de mes constantes fétiches dès mon premier article d'Osaka, mais je les prends d'avance et commence à en parler avant même mon départ. J'étudie pour ma thèse de mathématique une famille de nombres, définie en toute généralité par un professeur japonais, mais dont les avatars dans quelques cas simples sont bien connus depuis assez longtemps et fort étudiés dans mon université bordelaise. Mon séjour à Osaka (organisé dans le cadre du collège doctoral franco-japonais) devrait me permettre de complèter ma vision de mon sujet de thèse par une approche plus abstraite, et plus généralement m'ouvrir à des mathématiques que je ne cotoye pas actuellement dans mon université. Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas un japonisant, c'est donc l'âme et le coeur vierge que j'aborde ce pays et cette culture.

    Je n'ai peut-être pas encore eu le temps de souhaiter une bonne année à tout le monde, alors j'en profite : bonne année 2007. Prochain message depuis Osaka, si tout se passe bien.
Par Bebs
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Vendredi 12 janvier 2007
Bonjour à tous

    Je vais commencer par vous rassurer, je suis bien arrivé à Osaka. Mon directeur m'attendait comme prévu à notre lieu de rendez vous. J'ai un peu de mal à éclaircir mes idées et je m'excuse si mon message vous aparaitra confus. Le décalage horaire n'est pas encore tout à fait digéré. Par ailleurs, je n'ai pour le moment pas encore retrouvé l'usage de mes principales affaires. Mes bagages ont été perdus par Air France ; je n'avais que de l'électronique dans mon sac de cabine. A mon arrivée, les noms des heureux gagnants étaient déjà affichés, car je n'étais pas le seul. Depuis Noël, c'est parait-il devenu une tradition : une trentaine de bagages manquent sur chaque vol. Heureusement que Japan Airlines est là pour présenter ses excuses à ses clients. (J'ai quand même réussi a m'acheter du savon pour prendre une douche de temps en temps en attendant).

    A la douane, j'ai eu droit à une fouille approfondie, sans concessions mais tout en courbettes. Il faut dire qu'une meute de chiens patrouille dans le hall pour débusquer tout importateur de drogues. Fatalement, à attendre si longuement mes bagages, j'était suspect. La douaniere avait eu le temps de me coller au moins cinq fois son chien dans mes mollets! Toujours est-il qu'après m'avoir controlé le fond de mon porte-monnaie, la doublure de mes semelles et chacune des sous-poches de mon sac, j'ai pu enfin repartir sous les mots de bienvenue et les sourires de la dizaine de douaniers qui m'avait si bien ausculté.

    La première vue d'Osaka est assez surprenante. C'est une ville tout en béton, avec des tours à perte de vue, des routes et lignes de trains enchevêtrés, des fumées d'usines. L'aéroport lui-même est construit sur une île artificielle qui s'enfonce chaque année de quelques centimètres. Grâce à l'aide efficace de mon directeur, j'ai pu en quelques heures prendre possession de ma chambre, accomplir les formalités d'arrivée (bureau d'immigration, inscription à la sécu) et même ouvrir un compte en banque. Tous les différents offices administratifs sont regroupés au même endroit, ce qui est fort commode.

    Un mot pour vous parler de l'administration. Je m'attendais à trouver des bureaux ultra-modernes. J'avais plutôt l'impression d'être retombé 30 ans en arrière, tant le mobilier paraissait désuet et tant les bureaux fourmillent de gratte-papiers. Un imense hall tient lieu de bureau, il n'est divisé que par quelques cloisons basses. Le public évolue dans de larges couloirs, délimités par de longs comptoirs le long desquels officient d'innombrables secrétaires. A l'arrière, des secrétaires et des commis s'affairent autour de rangées de bureaux. Des employés à l'oeil sévère surveillent la bonne marche de l'administration. Chaque fonctionnaire s'emploie à sa tâche d'un air digne et empressé. Pour toute démarche existe un formulaire papier à remplir dûment, puis à soumettre à l'examen attentif d'un fonctionnaire qui le tamponne de partout et le transmet à un autre. Un jeton numeroté vous est donné, et l'on peut récupérer le document sollicité à un autre comptoir lorsque son numéro est appelé. De loin comme de près, on a vraiment l'impression de visiter une ruche.

    La banque a le même rapport à la main d'oeuvre, le papier et les formulaires que l'administration. Je n'avais depuis longtemps plus rempli de liasses aussi épaisses de papier carbone. On m'a remis un livret, dans lequel seront consignées toutes les operations bancaires. Comme je demandais egalement un RIB, la guichetière m'a écrit à la main un papier rempli de kanjis et sans aucun numéros. Je ne suis pas sûr que ma bonne agence du crédit mutuel puisse en faire quoi que ce soit.

    Le campus où je travaille est très verdoyant. Malheureusement, je n'habite pas directement sur le campus et les distances sont très vites longues dans la ville. Malgré les apparences, la ville s'étale beaucoup. Pour arriver à l'université, je traverse de grandes zones pavillonnaires. Beaucoup de gens sont employés un peu partout sur mon chemin pour surveiller les carrefours et les gares. Ils portent d'énormes casquettes que nous trouverions ridicules. C'est certainement une facon efficace de régler les problèmes de chomage. J'espère que chacun de vous se porte bien.

A bientôt.
Par Bebs
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Lundi 15 janvier 2007
Kyoto. Si Kyoto passe pour la capitale culturelle du pays et est connu de par le monde pour son prestigieux patrimoine, l'université de la ville abrite également le non moins renommé Research Institute of Mathematical Sciences (RIMS). Mes lecteurs érudits s'attendaient forcément à des photos des temples les plus célèbres du Japon, avec moult commentaires sur leur architecture ou leur immortalité, mais d'une part mon appareil est bêtement resté dans ma chambre et d'autre part, je ne me voyais pas fausser compagnie à mon sensei (mon professeur) que j'avais suivi pour un workshop juste pour continuer à vous accumuler des belles images. J'ai donc passé mon après-midi à écouter une série d'exposés sur les formes automorphes.

La conférence devait se tenir en anglais, dans l'une des belles salles de l'université. Finalement, seuls les titres l'étaient. Sur une bonne soixantaine de participants, à peine trois étrangers et moi se trouvaient dans la salle. Mais de toute manière, des exposés dans la langue de Shakespeare n'auraient été qu'encore moins fluides et moins clairs. Les conférences japonaises sont assez semblables à celles européennes : un organisateur inaudible, des conférenciers esseulés, une audience qui roupille au bout de 10 minutes et se réveille pour aplaudir. Pour la petite histoire, nous étions trois Français. L'un m'était connu ; il avait été mon chargé de td de géométrie différentielle.Quel plaisir de le retrouver si loin !

Sur la route, ou dans le train plus exactement, nous avons croisé plusieurs coquettes en tenue traditionnelle, socques et kimono. Ce n'est pas en vain que le coeur du Japon bat à Kyoto.
Par Bebs
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Jeudi 18 janvier 2007
    Aujourd'hui, les étudiants de mon bureau et de mon étage ont organisé une welcome party en mon honneur. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre et je peux vous assurer que je n'ai pas été déçu du tout. Ils avaient organisé tout bonnement un formidable banquet suivi d'une soirée karaoké.

    Le banquet s'est tenu dans l'une des auberges d'Ishibashi, un quartier animé et commerçant derrière le campus. Nous étions installés dans une alcôve de quelques tatamis, assis autour d'une longue table basse. Des panneaux légers coulissants nous isolaient du couloir dans lequel veille les aubergistes durant toute la soirée. Bien entendu le kimono était de rigueur pour le personnel de maison. A tout moment l'un des panneaux coulissait pour laisser entrer un nouveau plat ou sortir des verres vides.
    Au menu, nous avons goûté les incontournables sushis (boulettes de riz surmontées d'une tranche de poisson cru ou cuit) et sashimis (tranches de poisson cru), mais aussi du boeuf cuisiné en ragoût (le plat qui est sensé vous rappeler la bonne cuisine de maman), des boulettes frites (je me demande encore si ce n'était pas des boulettes de cartilage, tant elles craquaient sous mes dents), diverses brochettes de viandes, du poisson grillé, des beignets de légumes, des coquillages apprêtés, du choux en salade, des tomates. J'en oublie certainement au passage. C'était assez gargantuesque. Tout le banquet était arrosé de bière japonaise ; mes hôtes se sont chargés de veiller à ce que mon verre ne soit jamais vide sans qu'un autre m'attende à côté. J'ai réussi à manger à peu près convenablement de tous les plats, sauf le dernier, une espèce de soupe de thé au riz et au saké, surmonté d'un fruit bizarre (une espèce de grosse cerise assez acide) que j'ai engloutie en une bouchée alors qu'il convenait d'en piquer un petit lambeau de chair.
    Après une heure assis en tailleur et à essayer de se tenir droit, il devient difficile de se relever. J'avais en face de moi une japonaise dans les canons du pays ; agenouillée et bien droite, le regard fuyant de timidité, le teint pâle et les vêtements aux lignes sévères, elle s'est  efforcée d'entretenir avec moi une conversation agréable et polie tout au long de la soirée. A deux sièges du mien, une autre jeune fille desinhibée par l'alcool s'empressait avec la complicité malicieuse de la table de me faire savoir que la meilleure façon de progresser rapidement en japonais était encore de s'attacher à une petite amie japonaise.

    A l'issue du repas, la soirée s'est prolongée au karaoké. Divertissement typiquement japonais, le karaoké se pratique dans des salons privatifs, où pour commander une autre consommation, on appelle le garçon par un interphone interposé. Un catalogue aussi épais que nos annuaires téléphoniques permet de retrouver ses chansons favorites, et place à la musique ! Je vois déjà rigoler ceux qui connaissent l'étendue de ma culture pop-music. Puisque vous voudrez savoir sur quelles mélodies j'ai dévoilé mes talents, j'ai choisi Edith Piaf (l'une des seules interprètes françaises dans leur répertoire avec Gainsbourg et Polnareff) et d'autres chanteurs anglophones comme Phill Collins.


    La soirée a commencé vers 17h30 et s'est achevée très tard (au moins 23h). J'ai vraiment passé une soirée mémorable et extraordinnaire. Merci les copains !
Par Bebs
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Vendredi 19 janvier 2007
    Ne croyez pas qu'après le banquet d'hier soir, je ne me sois pas levé. Au contraire, j'avais rendez-vous ce matin avec mon sensei pour qu'il m'indique quelques lectures recommandables ; je ne rentre pas dans les détails, cela parle d'adèles et de formes modulaires de Siegel.
    Cette après-midi, j'ai gagné le centre ville avec une troupe hétéroclite de copains de ma résidence et d'amis d'amis. Direction, l'un des games center d'Umeda, paradis des joueurs de jeux vidéo. Après m'être fait rétamé au billard à soufflerie (je ne retrouve plus le nom idoine, voyez la photo avec mon adversaire)

J'ai pris ma revanche en finissant premier à Mario-kart. Nous avons fini la soirée à Shinsaibashi, quartier commerçant du sud de la ville. La communication a été rude, tantôt en japonais, tantôt en anglais, allemand ou français, un joyeux mélange dont l'un du groupe était toujours exclu.
Par Bebs
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Samedi 20 janvier 2007
    Pas d'aventure extraordinaire à vous relater aujourd'hui, encore que ! Simplement une photo de mon butin, acheté au supermarché du coin. Désolé de vous faire vous déplacer pour si peu, mais mes histoires de supermarché font partie des anecdotes les plus attendues et demandées de mes fidèles lectrices.
    A chaque expédition au supermarché, je deviens de plus en plus audacieux et me risque à acheter des produits inconnus. Je m'explique : au rayon fruits et légumes, j'arrive à identifier à peu près  90% des produits, facile ; au rayon boucherie et poissonnerie, je maitrise certainement encore 80% des marchandises (remarquez qu'ici la viande est souvent présentée en découpes déjà très fines) ; mais pour le reste impossible de reconnaître quoi que ce soit, ou alors d'imaginer où pourraient me servir certains ingrédients quand j'arrive à reconnaître des aliments. Or comment cuisiner convenablement sans condiments. Je suis pour le moment incapable de distinguer une bouteille d'huile d'une une sauce quelconque, un sachet de riz d'un sachet de gros sel ou même un flacon de shampoing d'une lotion démaquillante.
    Je ne vous ai pas menti, tout est bien écrit rien qu'en japonais !
    Parmi les découvertes du jour, un jus multivitaminé qui contient : des pommes, des oranges, du citron, mais aussi, du brocoli, du poivron, des asperges et d'autres légumes non identifiés.
Par Bebs
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Mardi 23 janvier 2007
    Une photo que vous attendiez, ma résidence.
    Réservée à un public mâle et étranger, elle dispose avec méthode des étudiants : coréens à un étage, chinois à un deuxième, les autres sous le toit. J'habite donc l'étage le plus multiculturel, où se côtoyent canadiens, scandinaves et sri-lankais. Ma chambre, dont l'exiguïté est largement compensée par son ordonnancement, doit mesurer près de 6 tatamis (ou 9m2), mais de nombreux tiroirs sont restés vides faute d'avoir pu transporter plus d'affaires avec moi.
    L'intérieur de la résidence est correctement propre, sauf les cuisines, communes à l'étage, qui sont aussi propres que peuvent l'être des cuisines de cités U mais qui souffrent d'une soumission à un règne partagé avec trop de négligents. J'ai fort heureusement trouvé un allemand pour les trouver sales, mais j'en ai vu d'autre y entrer pieds nus. J'en frissonne encore.
    Ma résidence me rapelle certains soirs la première cité U que j'habitai, devenue tristement célèbre depuis. Mais je vous rassure, nous n'en sommes pas là et ceci n'est pas une plainte.
Par Bebs
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Jeudi 25 janvier 2007
    Une fois de plus j'ai découvert aujourd'hui qu'il n'est nul besoin de savoir parler pour communiquer. J'ai dû régler quelque affaire à ma banque, et tout s'est bien passé sans que je ne parle vraiment japonais, ni que mon interlocutrice ne parle anglais. En réalité la caissière n'a pas arrêté de parler japonais, mais tellement doucement que personne n'aurait rien compris de toute façon, et Bebs-sama s'est même fait accompagné par le vieux gardien de l'établissement pour se faire expliquer le bon déroulement du distributeur.
    Pendant ce temps en Frace s'agite une équipe à vérifier que toutes les pièces de mon dossier de bourse sont bien complètes et à me solliciter pour le compléter, tout en s'étonnant par exemple que mon attestation de sécu ne soit pas libellée en français. Je suis fort aise de savoir que grâce à des personnes comme moi, l'administration occupe des milliers de personnes et notre taux de chomage national ne dépasse pas les 20%. A ce jour, j'ai recencé 5 guichets à qui je dois adresser pièces justificatives et compte-rendus. 

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*
 
    J'ai enfin ma carte d'alien, et un téléphone. Une première tentative pour le téléphone avait tourné court car il manquait cette carte d'identité japonaise. Cette fois-ci, j'ai failli ne pas en avoir parce que je n'avais pas de sceau. Au Japon, on ne signe pas, mais on paraphe un document de son tampon personnel. Avec insistance, je suis parvenu à imposer ma signature à la place dudit sceau.
    Mon téléphone est basique et franchement laid. Je ne voulais pas me lancer dans des dépenses somptuaires. Il parle un peu anglais. Il me permet de téléphoner, mais aussi, d'écrire et lire des emails, de télécharger toutes sortes d'informations depuis internet, de prendre des photos. Je me suis un peu fait avoir, il ne permet pas d'écouter de la musique, contrairement à la plupart des téléphones.

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    Au bureau, j'ai rencontré un post-doc (P.D.) à qui je n'avais pas encore parlé. C'est un élève du grand chef. (Lequel chef d'ailleurs m'a ignoré autant qu'il pouvait le jour où je lui ai été présenté). La première réaction de P.D.san a été de m'imprimer sa dernière publication puis de demander le nom de mon directeur, son âge et de consulter sa liste de publication. Je ne sais pas à quel endroit de son échelle sociale j'ai été placé.
    J'ai ensuite assisté aux préparatifs d'une conférence qui doit se tenir prochainement. Les petits 'graduate students' du grand chef, les tâcherons de l'équipe, se contentaient de remplir des cartons de chips et de biscuits en silence, post-doc san, en lieutenant obéissant, s'occupait de la mise en page du programme scientifique tout en animant la conversation, tandis que surgissait de temps à autre 'grand chef' sensei à la mine bougonne pour contrôler les opérations.

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    Rentré trop tard ce soir, j'ai du aller acheter mon pain au 'Bakery restaurant' d'en face. J'ai trouvé ma première depuis mon départ. A 260 yen (150 yen = 1 eur), c'est du luxe, je vous l'accorde. Du reste, la baguette m'a été vendue dans une poche en papier, soigneusement refermée par un scotch, accompagnée d'un sachet de conservation plastique et son fil de fer, le tout précautionneusement rangé dans un sachet commercial aux couleurs assorties et aux plis impeccables. Bref, j'avais l'impression d'être servi comme d'un magasin de couture de luxe. Le vendeur a eu du mal à réprimer un regard d'effroi lorsque j'ai failli m'emparer de ma baguette à bras le corps comme tout bon français plutôt que par les anses du sachet qu'il me tendait. Voyez plutôt la photo.
Par Bebs
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Lundi 29 janvier 2007
    J'ai un vélo. Piéton, apprend à raser les murs !
    Un vélo, cela s'imposait, les distances sont longues et tout le monde circule à vélo, à un tel point qu'autour des stations de trains, il y a des parkings-silots spécialement pour garer les vélos. Sans surprise, les places sont payantes : cent yen la journée m'a-t-on dit, mais c'est toujours mieux que la fourière.
    Bien mieux équipé que nos vélos français, mon vélo a une béquille stable (qui surlélève toute la roue arrière), un grand panier à l'avant, et surtout une commande de la dynamo depuis le guidon !
    Pédaler n'est pas de tout repos, ca grimpe pas mal dans la ville. Evidemment, ca permet aussi de battre des records en descente. Mon seul soucis : la taille, j'ai beau tirer sur la selle, son manche est trop court !
Par Bebs
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Vendredi 2 février 2007
    Je n'ai pas oublié que mes groupies voulaient voir des petits chats, et comme il faut savoir caresser ses lectrices le sens du poil, voici l'emblème du supermarché où je vais faire mes courses.
S'il n'est pas mignon celui-là ?
Par Bebs
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