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Texte Libre

    Bienvenue sur ce blog, qui raconte à la fois ma vie de doctorant à l'université d'Osaka, mes surprises et découvertes, et mes visites à travers le pays.
    Vous êtes de plus en plus nombreux à visiter ce blog. Actuellement vous êtes  5   visiteur(s) en ligne. Si vous souhaitez prendre mes aventures dans l'ordre depuis le début, cela commence .
    Mon aventure s'est terminée en juin 2007 mais elles reprennent à Amsterdam  sur ce nouveau blog. N'hésitez pas à laisser vos commentaires. Ils me font toujours très plaisir.
Dimanche 3 juin 2007
    Il y a des villes laides auxquelles l'histoire n'a légué qu'un seul joyau et qui en profitent pour piéger le touriste en lui promettant monts et merveilles. Hikone en fait partie. Son château, sensément le plus beau du Japon de ceux qui n'ont pas été reconstruits par les filiales de Disney et certainement le plus cher à visiter, attire surtout des hordes de seniors qui font là leurs excursions en groupe et qu'il serait plus intelligent d'amener directement à l'auberge plutôt que de laisser faire joujou avec le moindre volet du donjon. On devine sans peine que se sont les mêmes dont les petite-filles beuglent des suge bien gras toutes les quinze secondes quand elles sont de sortie et cachent dans leur sac un miroir de salle de bain pour se replâtrer la façade sans manière dans les trains. Remarquez que ces petits vieux sont plutôt courageux, car la montée dans les tours se fait encore sur des escaliers aussi raides que des échelles. Heureusement pour le business, personne ne s'est tué récemment.

    Hikone s'est bâtie au bord du lac Biwa, le plus grand lac du pays. Le donjon du château offre normalement un joli point de vue, mais la météo était trop boudeuse se matin pour me donner la satisfaction de profiter du paysage.

    Le Genkyu-en, jardin d'inspiration chinoise coincé entre les douves du château, mérite un détour.

    Dans la foulée du château se trouve la rue de l'époque Edo : comprenez celle qui regroupe un restaurant après l'autre et où l'on vient déjeuner après tant d'aventures.


    La ville a tout pour faire durer l'excursion troisième âge puisque du port, on peut s'embarquer pour une traversée du lac Biwa et s'élancer vers quelque île sous les notes bien appuyées des tubas d'une musique de fanfare (pensez à un morceau d'ouverture du défilé de la fête patronale dans un village).



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    Par contraste, le musée Miho est un lieu que je désespérais de voir au Japon. Il présente la collection d'une famille de mécène, consacré à l'art asiatique principalement, Japon, Chine, Corée mais également aux civilisation gréco-romaines, égyptiennes et perses, dans un incroyable bâtiment conçu par l'architecte Pei (que nous connaissons pour la pyramide de verre du Louvre). La collection et le bâtiment sont dignes des plus grands standards internationaux. Pour une fois, on oublie que l'on se trouve au Japon. Enfin un lieu qui ne se contente pas de conserver pieusement les reliques du passé sans les relier à notre époque. Les pièces sont mises en scène, apprêtées et donnent envie d'être admirées. Malheureusement, pas un seul homme du public n'est venu sans cravate, pas une seule femme sans tailleur. Il reste du travail pour démocratiser ce lieu.

    Le musée est perdu dans la montagne : plus une seule tâche de béton à l'horizon. On accède au bâtiment des expositions par un tunnel dans la montagne et une passerelle suspendue. Le bâtiment est principalement camouflé dans la roche. Les salles sont éclairées par des puits de lumière.

    Pour son dixième anniversaire, le musée présente une exposition temporaire consacrée aux petits objets que la collectionneuse affectionnait particulièrement : un vrai régal.

Par Bebs - Publié dans : Balades
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Samedi 2 juin 2007
    Uji est une petite ville du Sud de Kyoto qui est restée très Heian (794-1185). La ville elle-même, si proche de la capitale Kyoto, a été longtemps le lieu de retraite de l'aristocratie et en particulier du clan Fujiwara, la grande famille associée à cette époque. Les dix chapitres finaux du très célèbre Dit du Genji, la première monographie japonaise, se déroulent ici. Les principales attractions, le temple de Byodo-in et le sanctuaire de Ujigami, relèvent également de ces temps reculés.

    Lieu de communication stratégique, la ville a connu de nombreuses batailles pour assurer le contrôle du pont. Evidement, celui que l'on emprunte aujourd'hui n'a plus rien d'historique...

    Ancienne villa d'un Fujiwara, le temple Byodo-in fut transformé en 1052 en temple bouddhiste dont la salle principale devait recréer rien moins que le paradis. Le bâtiment est en rénovation. Du coup, par chance, les dais suspendus au dessus de la statue de Bouddha et les statues appliquées aux murs de ses assistants musiciens sont présentés dans le musée, et on peut d'autant mieux les admirer de près. Le temple de Byodo-in est celui représenté sur les pièces de dix yens.

    Le sanctuaire d'Ujigami (époque Heian) passe pour être l'un des plus vieux sanctuaires.

    Un musée reconstitue les scènes d'Uji du Genji Monogatari. Il présente surtout un film anime qui reconstitue la scène (La traduction en anglais est assurée), mais on peut voir également la reconstitution d'une chambre de noble ou un carrosse.

    Enfin, la ville est réputée produire le thé le plus fameux du pays. Dans certaines rues, les prix étaient plutôt conséquent, vingt cinq euros les cent grammes. Je soupçonne que la machine ci-dessous serve à le faire griller. Cette rue exhalait particulièrement des arômes de thé.

Par Bebs - Publié dans : Tourisme
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Vendredi 1 juin 2007
    On trouve dans les convinient stores toute sorte de chose pour grignoter et se restaurer rapidement. A côté des onigiris, des o-bentos et des sandwitchs au pain de mie, il y a....


le sandwitch aux yaki-soba (nouilles grillées). Remarquez que  même le gingembre rapé n'a pas été oublié. Bon appétit.
Par Bebs - Publié dans : Insolite
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Jeudi 31 mai 2007
    Petite vue sur la ville à l'heure où tous les chats sont gris.
Par Bebs - Publié dans : Balades
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Mercredi 30 mai 2007
Les jingles vont à bon train dans ce pays. Ce soir, je vous présente une sélection de jingles enregistrés en gare et en voiture. Il m'en manque beaucoup pour représenter pleinement la diversité de ce que l'on peut entendre. Par contre, une chose est sûre, on y échappe pas. A force, on s'habitue, mais quand je suis arrivé, j'avais l'impression d'être tourmenté constament par des bruitages, y compris dans la rue. Certains sons vont même jusqu'à ne rien annoncer, un peu comme un chien qui aboie à intervalle régulier pour rappeler au monde qu'il existe. Par exemple, depuis le printemps, des bruitages d'oiseaux sont diffusés dans les gares du monorail, juste pour le fun...
Par Bebs - Publié dans : Insolite
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Mardi 29 mai 2007
    Vous avez déjà du comprendre au travers de mes billets qu'absolument rien n'est laissé au hasard dans l'existence d'un Japonais et que tout est fait pour dompter la moindre imprévisibilité ou le moindre désagrément. Dans cette catégorie, je vous présente ce soir :

- l'éponge humide, posée sous le distributeur de sachet dans les supermarchés.  Elle permet de séparer les deux feuillets de plastiques, qui sinon collent invariablement ensemble.

- l'aspirateur à brosse à craie. Grâce à lui, fini, les nuages de craie qui invariablement viennent tacher le beau pantalon noir que l'on a enfilé le matin. Un coup d'aspirateur et la brosse se retrouve entièrement dépoussiérée. Je ne vous raconte pas le regard désappointé quand j'ai annoncé à mon collègue que cela n'existait pas en France. De surprise, il n'a pas su réprimer sa désobligeante pensée et m'a demandé "Mais comment faites-vous ?", et moi de lui expliquer piteusement que nous en sommes encore à secouer les chiffons...
Par Bebs - Publié dans : Insolite
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Lundi 28 mai 2007
    Le ministre de l'agriculture japonais a été retrouvé pendu. Accusé de détournement de fonds, il devait passer devant une commission d'enquête parlementaire. Mes collègues étaient visiblement assez choqués par cette issue tragique. Ils m'ont expliqué que certainement ce geste était inspiré de la tradition de hara-kiri, qui n'a cependant plus cours dans le pays.
    La discussion s'est ouverte, et ils m'ont expliqué à quel point la notion de responsabilité vis-à-vis des autres était importante. En quelque sorte, nous penserions que piquer l'équivalent de plus de deux cent mille dollars n'est pas bien en tant qu'acte que la morale réprouve, alors qu'un Japonais pensera qu'en l'espèce, le ministre a failli à sa responsabilité. Mon ami soulignait même qu'en général, ce n'est pas tant un problème d'honneur à préserver comme je le suggérais, mais bien un problème d'échec personnel (le terme personnel était important dans sa bouche) à tenir ses engagements et respecter ses obligations.
    Dans le bus du soir, mon copain polonais m'a confié en souriant qu'heureusement les hommes politiques polonais ne suicidaient pas pour quelques détournements, sinon, ils seraient sans leaders depuis longtemps...
Par Bebs - Publié dans : Insolite
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Dimanche 27 mai 2007
    Il suffit de parcourir quelques kilomètres vers le nord de Kyoto pour se retrouver dans le Japon rural. Je n'y croyais pas trop quand je l'ai lu dans les guides et pourtant les photos des rizières achèveront de vous convaincre. Ohara est un village ouvert au tourisme pour Japonais. Pas très gaijin friendly (vu tout juste un étranger en dépit de la foule), ici, il vaut mieux connaître ses kanjis si l'on ne veut pas se perdre, et le dernier bus passe à 19h. Pour autant dans la journée, l'endroit attire énormément de Kyotoïtes, qui viennent en particulier voir le temple Sanzen-in et ses jardins extraordinaires. Le prix d'entrée est à la mesure de la renommée et de l'affluence. Il m'a fallu cependant plus de temps pour gagner Ohara qu'aller à Hiroshima.


    Après un tour dans le temple, je me suis promené dans le village. Il y a des rizières un peu partout. J'avais beau en avoir vu sur des photos, c'est bizarre de voir les gens patauger dans la boue pour cultiver le riz. Ajoutez aux images l'odeur âcre assez présente de bois qui brûle dans les cheminées et le bruit des grenouilles qui occupent les rizières ainsi que le bruit du des flots d'eau qui dévalent les rigoles le long des champs et des routes. Ici aussi, les singes descendent de la montagne pour venir se promener le long des grandes routes.
Par Bebs - Publié dans : Balades
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Samedi 26 mai 2007
    J'ai visité aujourd'hui Hiroshima comme un Japonais verrait Paris. Voyage en shinkansen (2h15 de transport de porte à porte). Départ tôt le matin et retour tard le soir. Accrochez vos ceintures, cela va aller vite.

    On commence par le château, reconstruit comme vous pouvez l'imaginer, que nous n'avons vu que de l'extérieur.

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    Au coeur de la ville, le parc à la mémoire des victimes de la bombe atomique. Le seul bâtiment à ne pas être tombé sous le souffle de l'explosion est le dôme d'un ancien palais de l'Industrie. Tout autour, il n'y avait plus qu'un champ de décombres en août 1945.

    Comme à Nagasaki, un mémorial préserve les identités de toutes les victimes tuées par la bombe et un musée expose l'histoire contemporaine du Japon et de la ville. Impossible de ne pas être touché et même profondément remué par les objets exposés, surtout lorsqu'il s'agit de restes humains calcinés, ou par les témoignages des survivants - bon nombre a vu sa mère, son enfant, ses camarades de classe mourir dans les flammes des incendies, parce que coincé sous une poutre, ou mourir des séquelles des radiations et des brûlures causées par la chaleur de la bombe.







    Devant le monument à la mémoire des victimes, un vieil homme en costume psalmodiait une triste complainte tout rythmant sa prière avec des percussions, tandis que dans l'herbe un bébé courait après un papillon. Une scène bien réelle et pourtant digne des plus grands réalisateurs du septième art.


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    Hiroshima est connu dans le pays pour ses okonomiyakis, à la mode d'Hiroshima. Ils se distinguent de ceux d'Osaka, dont c'est également la spécialité, par la dissociation de chaque ingrédient. Mon collègue de bureau m'a signifié avant de me laisser partir cette semaine : "Don't forget, eat okonomiyaki". Nous nous sommes exécutés et voici le résultat.


    J'en profite pour signaler qu'au Japon, même le tourisme obéit à des conventions sociales collectives qu'il convient de respecter. Quand on se rend quelque part, on sait d'avance quel est le lieu important à visiter, quel est le plat local à manger et surtout quel est le souvenir (en général une boîte de pâtisseries locales) à rapporter à ses collègues de travail. Mais je vous reparlerai de l'attitude des japonais vis-à-vis des voyages dans un prochain message.

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    Au large d'Hiroshima, l'île de Miyajima est également l'un des endroits les plus célèbres du Japon. Comme à Nara, des daims gambadent en liberté. L'île est surtout connue pour son tori flottant, planté dans les flots, qui annonce l'entrée d'un sanctuaire, Itsukushima-jinja, planté sur des pilotis au bord de l'océan.






    Malgré l'heure tardive, nous avons grimpé le mont Misen. L'ascension est un peu sportive, mais la vue en vaut la peine quand il fait beau. A ce sujet, malgré un soleil brûlant, nous n'avons pas vu grand chose, à cause d'une tempête de sable en provenance du désert de Gobi (maudits Chinois) qui sévit depuis une semaine particulièrement dans le sud du Japon et qui rend le ciel laiteux et vaporeux. Cependant on pouvait deviner un panorama magnifique.


    Sur le chemin du retour, nous avons été effrayé par un singe qui passait par là, farouche mais pas craintif. Ils nous toute fois tourné le dos pour la photo.

    L'ambiance qui se dégage sur l'île est assez particulière. Le clapotis des vagues, la montagne, les lanternes éclairées à la tombée du jour y contribuent certainement.

Par Bebs - Publié dans : Tourisme
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Vendredi 25 mai 2007
    Je pensais avoir fait le tour de la garde robe type des Japonaises mais cette journée de pluie torrentielle m'a révélé un élément que je n'y soupçonnais pas : la botte caoutchoutée rose pétant, décorée de grosses fleurs multicolores et montant jusqu'au genoux ! Le modèle existe aussi en bleu, mais j'avoue que ma préférence va au rose. Les plus classiques auront préféré le modèle kaki, avec lanière pour serrer au niveau des mollets. Bref, incroyables ces Japonaises, même si leur prévoyance augure mal du mois mousson qui s'annonce.
Par Bebs - Publié dans : Insolite
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