J'ai visité aujourd'hui Hiroshima comme un Japonais verrait Paris. Voyage en shinkansen (2h15 de transport de porte à porte). Départ tôt le matin et retour tard le soir.
Accrochez vos ceintures, cela va aller vite.
On commence par le château, reconstruit comme vous pouvez l'imaginer, que nous n'avons vu que de l'extérieur.
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Au coeur de la ville, le parc à la mémoire des victimes de la bombe atomique. Le seul bâtiment à ne pas être tombé sous le souffle de l'explosion est le dôme d'un ancien palais
de l'Industrie. Tout autour, il n'y avait plus qu'un champ de décombres en août 1945.
Comme à Nagasaki, un mémorial préserve les identités de toutes les victimes tuées par la bombe et un musée expose l'histoire contemporaine du Japon et de la ville. Impossible
de ne pas être touché et même profondément remué par les objets exposés, surtout lorsqu'il s'agit de restes humains calcinés, ou par les témoignages des survivants - bon nombre a vu sa mère, son
enfant, ses camarades de classe mourir dans les flammes des incendies, parce que coincé sous une poutre, ou mourir des séquelles des radiations et des brûlures causées par la chaleur de la
bombe.
Devant le monument à la mémoire des victimes, un vieil homme en costume psalmodiait une triste complainte tout rythmant sa prière avec des percussions, tandis que dans l'herbe
un bébé courait après un papillon. Une scène bien réelle et pourtant digne des plus grands réalisateurs du septième art.
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Hiroshima est connu dans le pays pour ses okonomiyakis, à la mode d'Hiroshima. Ils se distinguent de ceux d'Osaka, dont c'est également la spécialité, par la dissociation de
chaque ingrédient. Mon collègue de bureau m'a signifié avant de me laisser partir cette semaine : "Don't forget, eat okonomiyaki". Nous nous sommes exécutés et voici le résultat.
J'en profite pour signaler qu'au Japon, même le tourisme obéit à des conventions sociales collectives qu'il convient de respecter. Quand on se rend quelque part, on sait
d'avance quel est le lieu important à visiter, quel est le plat local à manger et surtout quel est le souvenir (en général une boîte de pâtisseries locales) à rapporter à ses collègues de
travail. Mais je vous reparlerai de l'attitude des japonais vis-à-vis des voyages dans un prochain message.
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Au large d'Hiroshima, l'île de Miyajima est également l'un des endroits les plus célèbres du Japon. Comme à Nara, des daims gambadent en liberté. L'île est surtout connue pour
son tori flottant, planté dans les flots, qui annonce l'entrée d'un sanctuaire, Itsukushima-jinja, planté sur des pilotis au bord de l'océan.
Malgré l'heure tardive, nous avons grimpé le mont Misen. L'ascension est un peu sportive, mais la vue en vaut la peine quand il fait beau. A ce sujet, malgré un soleil brûlant,
nous n'avons pas vu grand chose, à cause d'une tempête de sable en provenance du désert de Gobi (maudits Chinois) qui sévit depuis une semaine particulièrement dans le sud du Japon et qui rend le
ciel laiteux et vaporeux. Cependant on pouvait deviner un panorama magnifique.
Sur le chemin du retour, nous avons été effrayé par un singe qui passait par là, farouche mais pas craintif. Ils nous toute fois tourné le dos pour la photo.

L'ambiance qui se dégage sur l'île est assez particulière. Le clapotis des vagues, la montagne, les lanternes éclairées à la tombée du jour y contribuent certainement.
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